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Le BW Open continue de grandir... mais pas trop vite

Contrairement à l'an dernier, il n'y avait aucun Belge en quart de finale, mais cela n'a pas empêché la deuxième édition du Challenger de Louvain-la-Neuve d'être une réussite, avec un vainqueur suisse qui a fêté ses 22 ans samedi et dont on reparlera très vite à un autre niveau. On en discute avec les deux organisateurs du BW Open, Vincent Stavaux et Christophe Dister.
 

Personne n'en doute, l'organisation du tournoi ATP Challenger à Louvain-la-Neuve est l'oeuvre de professionnels passionnés. Quant Vincent Stavaux et Christophe Dister ont fait part de leur intention lors de l'été 2022, nombreux ont été ceux qui leur ont crié casse-cou, mais ils n'ont écouté qu'eux-mêmes, ils y sont allés et y sont arrivés. David Goffin leur a permis de transformer l'essai et de tenir leur budget, mais c'est d'abord leur mérite, ce sont eux qui ont mis la main à la pâte et pris tous les risques.
 
Pour la deuxième édition, ils avaient moins le couteau sur la gorge, ils ont eu plus de temps pour tout mettre en place. Mais ils ont dû faire sans Goffin dans la dernière ligne droite de la compétition. "C'est un bon test, dit Christophe Dister. L'an passé, le succès populaire de l'événement, c'était David. Cette année, on avait déjà bien vendu avant qu'il ne soit éliminé, mais on a montré que l'on pouvait attirer du monde avec du beau tennis sans lui, cet événement ne peut dépendre d'un joueur."

Leandro Riedi peu connu et futur grand
 
Vincent le sportif et Christophe le financier forment un duo dont la complémentarité humaine et professionnelle date d'une dizaine d'années avant le BW Open. Elle a eu le temps de se peaufiner. Ils ont fait le point avec nous une fois la dernière balle frappée.
 
Q. On a vécu une finale haut de gamme entre Borna Coric, qui a quand même été 12e mondial, et Leandro Riedi, 22 ans, qui a causé la surprise. C'est un lauréat peu connu du grand public...
 
Vincent Stavaux : ... Mais qui ne le restera pas longtemps, je vous le prédis. Je ne veux pas paraître arrogant, mais c'était l'outsider par excellence à mes yeux. Déjà l'an dernier d'ailleurs, mais il s'était occasionné une entorse à la cheville et n'avait pas pu jouer. C'est lui qui gagne le match, ce n'est pas Coric qui le perd, or le Croate, à 27 ans, est toujours 40e mondial. C'est le deuxième Challenger que Leandro remporte cette année, il a gagné 12 matches sur 14 disputés, son niveau a été incroyable durant toute la semaine. Le président de la Fédération Wallonie Bruxelles Pierre-Yves Jeholet m'a dit que sa victoire était une bonne chose pour notre tournoi, parce que plus tard on pourrait se targuer de l'avoir eu à l'affiche. Si vous voulez mon avis, il ne faudra pas attendre longtemps.
 
 
Q. Après deux éditions, pouvez-vous déjà dire que vous avez atteint vos objectifs ?
 
V.S. : Oui, et c'est notre fierté. En termes d'engouement populaire, de qualité sportive, et d'impact médiatique, je peux dire que c'est le cas. J'espère que les gens se rendent compte de ce que nous réalisons ici, quasiment à deux personnes et demi durant une grande partie de l'année, même si, lors du tournoi, nous nous félicitons d'avoir pu compter cette année sur quelques 200 bénévoles, sans eux, pas de BW Open. Sans Christophe (Dister) non plus. J'apporte mes relations et connaissances du circuit, lui 85 % du budget. Les gens qui connaissent le milieu ont senti les améliorations en arrivant. On a, par exemple, dépensé beaucoup d'argent pour avoir les courts d'entraînement à proximité. Lorsque le superviseur de l'ATP les a découverts, il a fait "Wow !" On ne cache pas que notre ambition est d'être très vite "meilleur Challenger du monde", et pourquoi pas déjà cette année ?
  

Plus de 10.000 spectateurs
  
Q. Peut-on déjà évoquer le bilan de cette année dans les chiffres ?
 
Christophe Dister : On n'a pas encore eu le temps de faire tous les comptes, mais au niveau de l'assistance, dans une salle qui ne peut accueillir plus de 1260 spectateurs, on doit être au delà des 10.000 sur la semaine, une barrière que nous voulions atteindre. Quant à l'aspect financier, ce n'est ni la catastrophe, ni le pactole, on sera à nouveau aux alentours de l'équilibre. De toute façon quand on a un peu plus de moyens on les investit dans l'organisation, dans la qualité, dans l'accueil, pour que les joueurs et les spectateurs vivent une belle expérience, pour qu'ils aient envie de revenir. On construit un projet d'avenir. J'ai eu de bons retours des entreprises, des demandes de renseignements pour devenir partenaires, et même deux très bons contacts dans la recherche du sponsor principal qui nous manque. Ce serait bien que l'on puisse avoir ça, parce que vous avez encore devant vous deux personnes qui finissent sur les rotules, jours et nuits au four et au moulin depuis des semaines. Pouvoir nous payer un peu d'aide nous ferait grand bien, mais nous sommes surtout fiers d'avoir su mettre sur pied avec succès un événement de cette ampleur, une première dans le Brabant wallon qui est pourtant la province sportive par excellence. Il faut que tout le monde (se) bouge.
 
 

Un deuxième Challenger ailleurs ?
 
 
Q. La salle du Blocry est sympathique et chaleureuse, mais limitée en capacité, comment comptez-vous continuer à grandir ?
 
C.D. : Il faut grandir, mais pas trop trop vite. On a déjà évoqué la possibilité d'utiliser le hall d'athlétisme voisin, mais il reste encore du travail pour optimiser l'événement, et réfléchir à ce que l'on peut faire de mieux, là où l'on est, dans un endroit où le public est proche des joueurs, où il peut vraiment vivre le tennis avec eux. On a ce challenge d'un tournoi sans David (Goffin) tout en espérant qu'il soit encore là longtemps. Avec les jeunes qui arrivent, Blockx, Bailly, Onclin et Collignon, difficile de dire où l'on en sera l'année suivante, mais il y a de l'avenir et de possibles Leandro Riedi chez nous aussi.
 
Q. On vous a entendu dire sur le court que vous pensiez à organiser un deuxième Challenger ailleurs ?
 
V.S. : Peut-être. Nous avons beaucoup de rêves et d'ambitions. La Belgique a vu naître des champion(ne)s de tennis à l'époque où elle accueillait d'inspirants tournois internationaux, avec les stars du moment, ce n'est pas une coïncidence. Le tennis italien était au bord du gouffre, quand il a entrepris d'organiser de nombreux tournois ITF et ATP, pour en arriver aujourd'hui à une trentaine de Challengers, à Yannick Sinner vainqueur de Grand Chelem, et à plein de bons jeunes Italiens partout. C'est ce qu'il faut faire, pour peu que nos grandes entreprises veuillent bien donner un coup de main.    
 

 

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