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Des quarts de finale sans Belges au BW Open

La deuxième édition du BW Open à Louvain-la-Neuve est d'ores et déjà une réussite. On y voit, et on y verra encore ce week-end, du tennis haut de gamme, devant des tribunes bien garnies. Malheureusement, il n'y aura pas de suite à la belle histoire belge écrite l'an dernier avec une demi-finale 100 % liégeoise et le vainqueur dont tout le monde rêvait. Aucun de nos trois compatriotes restant en piste jeudi ne s'est qualifié pour les quarts de finale. David Goffin, battu par un jeune Jordanien, ne défendra donc pas son titre, et il se retrouvera lundi 133e mondial... juste derrière Zizou Bergs qui sera officiellement premier Belge à l'ATP.
 

Le niveau des meilleurs tournois Challenger sur le circuit ATP est de plus en plus élevé et compétitif. Celui de Louvain-la-Neuve est trois ou quatre fois supérieur à la première édition se plaît à dire un de ses organisateurs Vincent Stavaux.
Cela signifie aussi que la tâche des Belges pour s'y distinguer est d'autant plus difficile. Néanmoins, sans faire injure à un très bon jeune joueur, qui a d'ailleurs disputé les Next Gen finals fin 2013, on ne s'attendait quand même pas à voir David Goffin quitter son tournoi préféré dès le deuxième tour, des oeuvres du Jordanien Abdullah Shelbayh (ATP 191). Qui plus est en deux sets, 3-6, 4-6, et en moins d'1 h 30.
C'est un match que le Liégeois a pris d'emblée par le mauvais bout, et au cours duquel il n'a quasiment saisi aucune des opportunités qui se se sont présentées à lui. Comme cela lui est déjà arrivé trop souvent, il est mal entré dans la partie.
"J'aurais toujours dû le breaker de suite, convenait-il. Et pour cause, il a manqué cinq balles de break lors du premier jeu, avant de se retrouver très vite mené 0-4 sur quelques points mal négociés. "A ce moment là, je me suis remis dans le match, expliquait-il. Il était trop tard pour le premier set, mais jusqu'au milieu du deuxième j'ai eu énormément d'occasions de prendre de la marge (dont trois nouvelles balles de break) pour une troisième manche."
Mais c'est finalement lui qui a concédé son service à 3-5, et perdu le match (4-6). "Même le dernier jeu je pouvais le gagner", reconnaissait-il.
 
Numéro un depuis plus de dix ans
 
Comme tant d'autres avant lui ces derniers mois, c'est d'abord un nom, celui d'un 7e mondial finaliste du Masters, qu'Abdullah Shelbayh a accroché à son palmarès, en jouant un des meilleurs matches de sa jeune carrière.
"Il est malin et assez doué, c'est un gaucher qui sait un peu tout faire, bouge bien, sert bien quand il le faut, et joue assez juste, saluait David. "Ce n'était pas un match évident, mais, bien sûr, il y avait la place pour passer, c'est vraiment dommage de perdre ici au deuxième tour."
Une élimination qui n'arrange évidemment rien à sa situation au ranking ATP, où il va perdre les points de sa victoire de l'an dernier et 21 places au classement. Du coup, même s'il s'est incliné mardi au premier tour, Zizou Bergs se retrouvera devant lui. Signe des temps, il y a plus de dix ans que le Liégeois était numéro un belge.
"Je savais que j'avais ces points à défendre, ainsi que ceux du quart de finale d'Auckland plus tôt en janvier, dit David. Le positif, c'est que j'en ai beaucoup moins à défendre désormais. Ni Zizou, ni moi ne sommes heureux de notre classement, ce n'est pas ce que nous ambitionnons, le plus important pour le tennis belge serait que nous (re)montions ensemble, et même à plusieurs."

Plus costauds qu'eux
 
Contrairement à l'an dernier, lorsque Gauthier Onclin avait atteint les demi-finales, les jeunes Francophones n'ont pas pu profiter non plus du tremplin brabançon pour accrocher une belle "perf" devant leur public. Il faut dire qu'ils sont aussi tombés sur un peu plus costauds qu'eux, au même âge, pour l'instant. D'un côté, l'Américain Brandon Nakashima, qui faisait face à Raphaël Collignon, se trouve en pleine remontée après avoir été blessé, il a déjà été 43e mondial et a remporté le Challenger de Tenerife la semaine dernière.
De l'autre, le Suisse Leandro Riedi, qui défiait Gauthier Onclin, semblait en route pour le Top 100 lorsqu'il a connu des problèmes de pied au printemps dernier. Face au Liégeois, il a un moment tout "rentré" pour faire la différence dans un match très équilibré au départ.
 
Les fondamentaux du tennis
 
Battu 3-6, 2-6, Raphaël Collignon pouvait estimer le score "un peu sévère", tout en reconnaissant la supériorité de son adversaire. Il a d'ailleurs entamé la partie en forçant trois balles de break sur les deux premiers jeux de service de Nakashima, mais il s'est aussi lui-même fait breaker entre les deux.
"Au premier set, je me suis vraiment senti mal payé, j'ai eu des occasions dans à peu près tous les jeux, sauf le dernier où il a servi avec des balles neuves, dit le Liégeois. Pour rajouter une petite couche de frustration, il a de nouveau concédé son engagement d'entrée au deuxième set... sur une faute de pied.
"Je sers bien dans son coup droit, il rate son retour, je pense que c'est égalité, et j'entends le juge de ligne qui annonce ça... on se prend forcément un coup sur la tête." 
"Après le match, Steve (Darcis) m'a dit de ne pas me mettre dans le trou pour autant, que le gars en face a été 40 mondial et qu'il (re)joue à ce niveau, continue Raphaël. "Ce qui fait la différence, ce sont les coups fondamentaux du tennis, il sert tout le temps bien, moi par périodes, je ne retourne pas assez bien, je donne trop de points, lui retourne tout. Si je l'avais breaké lors du premier jeu, j'aurais peut-être été plus libéré, mais, au final, je ne suis pas arrivé à lui prendre son service, il était plus fort. Pour prendre de l'expérience et du niveau, il faut jouer un maximum de matches comme ça, et les emporter avec soi pour la suite."
 
Encore une défaite... encourageante
 
Quant à Gauthier Onclin, il a tenu plus que la dragée haute à Leandro Riedi durant l'essentiel du premier set, "le meilleur que j'ai disputé depuis longtemps, confirme-t-il. Le Liégeois s'est même procuré trois balles de break, pour aucune à Leandro Riedi. Mais, alors qu'on le pensait susceptible de prendre le dessus, c'est lui qui, à 5-5, s'est au contraire retrouvé mené 0-40, avant de perdre la première manche 5-7, et d'être trop vite breaké (0-3, puis 1-5) dans la deuxième. Le fait qu'il soit enfin parvenu ensuite à prendre le service du Suisse ne fit que retarder l'échéance (3-6)
"La clé c'est cette première manche hyper équilibrée qui tombe de son côté alors que j'avais eu les quelques occasions jusque là. Deux petites erreurs de ma part, un retour chanceux de son côté, et tout change, dit Gauthier. Ceci dit, j'aurais pu revenir dans le deuxième set, mais il a maintenu, voire augmenté, son niveau, alors que c'est devenu un peu plus dur pour moi, il était donc un peu plus fort sur ce match. Encore une défaite... encourageante, malheureusement. Une édition n'est pas l'autre, cela peut paraître contradictoire mais j'ai mieux joué que l'an dernier et je suis éliminé deux tours plus tôt. J'ai été confronté à un adversaire plus compliqué, le plateau est énorme cette année."
 
Trois tournois Challenger en Inde
 
Pour l'aider à avaler la pilule, qui le fera rétrograder à la 253e place mondiale, Gauthier va pouvoir se changer les idées la semaine prochaine et se plonger pour la première fois dans l'ambiance particulière d'une semaine de Coupe Davis. Départ dimanche en équipe en direction de Varaždin en Croatie.
"Je vais essayer de bien récupérer d'ici là, dit-il. Le mois de janvier a été lourd en termes de matches et de voyages, je suis rentré un peu malade de Melbourne et je n'arrive pas à me débarrasser du problème complètement. Je ne sais pas si je jouerai contre les Croates, mais je vais me préparer comme si ce devait être le cas. Ainsi que je l'ai dit, j'ai hâte d'y être."
Retour prévu sur le circuit pour Raphaël et Gauthier dans deux semaines, à l'occasion de trois tournois Challenger d'affilée en Inde.
 
 

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